잉 첸의 『배은망덕』에 나타난 모녀관계
La relation mère-fille dans L'Ingratitude de Ying Chen
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초록
Dans L'Ingratitude, roman de Ying Chen publié en 1995, les tensions qui unissent l'éxilée à sa culture et à sa terre natale sont illustrées par la relation trouble entre une mère et sa fille. Déjà morte au moment où commence le roman, la jeune narratrice de L'Ingratitude relate les circonstances qui ont mené à son suicide. Sous la forme d'une longue narration envoyée à sa mère,le roman met en scène une relation mère-fille où l'individuation de la fille ne sera possible que dans la mort. Dans The mother/daughter plot, Marianne Hirsh a découvert un roman familial chez les écrivains féministes dont les caractéristiques sont le rôle dévalorisé du père, le stade pré-OEudipe considéré comme une base pour la formation de l'identité et la concentration sur la relation mère-fille en conflit. Notre oeuvre suit fidèlement ce schema ; Yan-Zi, voulant se libérer des oppressions familiales, surtout de l'emprise obsessive de sa mère toute-puissante,tente en vain de trouver une issue chez les hommes, mais son père castrésocialement et psychologiquement, ses amours sont impuissants ou incompréhensifs. Sphinx qui avale les hommes qui ne savent pas répondre à ses questions,est en fait une femme désirant d'être comprise. Mais elle est devenue monstrueuse à force de vivre dans une société masculine qui refuse de l'écouter. La mère de L'Ingratitude a été élevée et disciplinée selon des valeurs et des idéologies de la société patriacale. A force d'y mener une vie où elle a appris à ne rien désirer et à se sacrifier pour sa famille, elle en est devenu à la fois victime et bourreau. La mère de Yan-Zi qui a souffert du manque de l'amour fait tout pour empêcher sa fille de se démarquer d'elle. C'est pourquoi elle veut absolument voir le corps de sa fille pareil au sien. Elle désire annihiler les limites corporelles qui séparent sa fille d'elle. Pour le démontrer à sa fille, elle lui prend la main, la place sur son ventre et lui dit : «Tu es là. Tu es un morceau de ma chair»? L'envie maternelle de fusion se manifeste jusau'au stade ultime de la dévoration. Yan-Zi ressent en effet le désir de sa mère de l'avaler vivante. Le corps maternel devient alors le chora négatif. Comme Yan-Zi n'a pas pu se défaire de l'attache maternelle, elle tente de jouir des liquides associés à la souillure qui représentent à la mère ; le sang, la salive, la sueur, les larmes. De la jouissance abjecte à l'amour impossible,Yan-Zi vacille et cherche en vain le lieu de son identité. Elle prend finalement conscience que la mort constitue unique moyen de se délivrer du joug maternel. Le suicide s'avère paradoxalement vital pour l'avènement de son identité. L'abjection est une renaissance à soi qui transforme la pulsion de mort en sursaut de vie.
Abstract
Dans L'Ingratitude, roman de Ying Chen publié en 1995, les tensions qui unissent l'éxilée à sa culture et à sa terre natale sont illustrées par la relation trouble entre une mère et sa fille. Déjà morte au moment où commence le roman, la jeune narratrice de L'Ingratitude relate les circonstances qui ont mené à son suicide. Sous la forme d'une longue narration envoyée à sa mère,le roman met en scène une relation mère-fille où l'individuation de la fille ne sera possible que dans la mort. Dans The mother/daughter plot, Marianne Hirsh a découvert un roman familial chez les écrivains féministes dont les caractéristiques sont le rôle dévalorisé du père, le stade pré-OEudipe considéré comme une base pour la formation de l'identité et la concentration sur la relation mère-fille en conflit. Notre oeuvre suit fidèlement ce schema ; Yan-Zi, voulant se libérer des oppressions familiales, surtout de l'emprise obsessive de sa mère toute-puissante,tente en vain de trouver une issue chez les hommes, mais son père castrésocialement et psychologiquement, ses amours sont impuissants ou incompréhensifs. Sphinx qui avale les hommes qui ne savent pas répondre à ses questions,est en fait une femme désirant d'être comprise. Mais elle est devenue monstrueuse à force de vivre dans une société masculine qui refuse de l'écouter. La mère de L'Ingratitude a été élevée et disciplinée selon des valeurs et des idéologies de la société patriacale. A force d'y mener une vie où elle a appris à ne rien désirer et à se sacrifier pour sa famille, elle en est devenu à la fois victime et bourreau. La mère de Yan-Zi qui a souffert du manque de l'amour fait tout pour empêcher sa fille de se démarquer d'elle. C'est pourquoi elle veut absolument voir le corps de sa fille pareil au sien. Elle désire annihiler les limites corporelles qui séparent sa fille d'elle. Pour le démontrer à sa fille, elle lui prend la main, la place sur son ventre et lui dit : «Tu es là. Tu es un morceau de ma chair»? L'envie maternelle de fusion se manifeste jusau'au stade ultime de la dévoration. Yan-Zi ressent en effet le désir de sa mère de l'avaler vivante. Le corps maternel devient alors le chora négatif. Comme Yan-Zi n'a pas pu se défaire de l'attache maternelle, elle tente de jouir des liquides associés à la souillure qui représentent à la mère ; le sang, la salive, la sueur, les larmes. De la jouissance abjecte à l'amour impossible,Yan-Zi vacille et cherche en vain le lieu de son identité. Elle prend finalement conscience que la mort constitue unique moyen de se délivrer du joug maternel. Le suicide s'avère paradoxalement vital pour l'avènement de son identité. L'abjection est une renaissance à soi qui transforme la pulsion de mort en sursaut de vie.
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