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프루스트와 러스킨 : 번역가에서 소설가로

Proust et Ruskin : du traducteur au romancier

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초록

Marcel Proust n'est pas seulement le romancier d'À la Recherche du temps perdu. Avant de se lancer à l'écriture du roman, il a passé sept années à traduire et à commenter deux ouvrages de John Ruskin, à savoir La Bible d'Amiens et Sésame et les lys. De nombreuses commentaires et l'avant-propos qu'il laissa en tant que traducteur sont des documents précieux en ce qu'ils témoignent l'évolution de l'esthétique proustienne. Au début, si Proust est un admirateur et disciple fervent de Ruskin, avec le temps il arrive à dénoncer les principes fondamentaux de son maître. Dans cette étude, nous proposons d'étudier les raisons qui ont poussé Proust à prendre de la distance par rapport à Ruskin. Pour cela, il est nécessaire de relever l'influence de Ruskin dans la Recherche. Cette influence se traduit par la place importante que le romancier accorde aux arts du Moyen-Âge et de la Renaissance italiens. Les tableaux de Giotto, Carpaccio et Botticelli sont intrinsèquement liés à la structure et aux personnages du roman. De plus, l'affection de Ruskin pour l'architecture gothique se reflète dans les diverses cathédrales auxquelles Proust accorde un rô̂le distinct. Cependant, plus Proust traduit Ruskin, plus il prend conscience de sa propre esthétique qui diffère de celle du maître. La morale comme critère de la beauté et le péché d'idolâ̂trie sont deux éléments auxquels Proust ne pouvait pas s'aligner. Pour Proust, l'art doit ê̂tre libre de toute poursuite didactique et morale et l'artiste doit avant tout chercher la vérité qui est en lui pour pouvoir la traduire en forme concrète. De plus, en qualifiant de l'idolâtrie la tendance ruskinienne à confondre l'art et la réalité, Proust critique cette attitude à travers plusieurs personnages du roman. Grâ̂ce aux années d'apprentissage que Proust passa en tant que traducteur, il a su créer ce chef-d'œuvre qu'est la Recherche où se reflète à la fois l'influence et le dépassement de Ruskin.

Abstract

Marcel Proust n'est pas seulement le romancier d'À la Recherche du temps perdu. Avant de se lancer à l'écriture du roman, il a passé sept années à traduire et à commenter deux ouvrages de John Ruskin, à savoir La Bible d'Amiens et Sésame et les lys. De nombreuses commentaires et l'avant-propos qu'il laissa en tant que traducteur sont des documents précieux en ce qu'ils témoignent l'évolution de l'esthétique proustienne. Au début, si Proust est un admirateur et disciple fervent de Ruskin, avec le temps il arrive à dénoncer les principes fondamentaux de son maître. Dans cette étude, nous proposons d'étudier les raisons qui ont poussé Proust à prendre de la distance par rapport à Ruskin. Pour cela, il est nécessaire de relever l'influence de Ruskin dans la Recherche. Cette influence se traduit par la place importante que le romancier accorde aux arts du Moyen-Âge et de la Renaissance italiens. Les tableaux de Giotto, Carpaccio et Botticelli sont intrinsèquement liés à la structure et aux personnages du roman. De plus, l'affection de Ruskin pour l'architecture gothique se reflète dans les diverses cathédrales auxquelles Proust accorde un rô̂le distinct. Cependant, plus Proust traduit Ruskin, plus il prend conscience de sa propre esthétique qui diffère de celle du maître. La morale comme critère de la beauté et le péché d'idolâ̂trie sont deux éléments auxquels Proust ne pouvait pas s'aligner. Pour Proust, l'art doit ê̂tre libre de toute poursuite didactique et morale et l'artiste doit avant tout chercher la vérité qui est en lui pour pouvoir la traduire en forme concrète. De plus, en qualifiant de l'idolâtrie la tendance ruskinienne à confondre l'art et la réalité, Proust critique cette attitude à travers plusieurs personnages du roman. Grâ̂ce aux années d'apprentissage que Proust passa en tant que traducteur, il a su créer ce chef-d'œuvre qu'est la Recherche où se reflète à la fois l'influence et le dépassement de Ruskin.

참고문헌 (17)

  1. Proust, Marcel., "À la recherche du temps perdu, 7 vols" (1987), Gallimard
  2. Proust, Marcel, "Contre Sainte-Beuve, précédé de Pastiches et mélanges, et suivi de Essais et articles", présentation de Pierre Clarac (1971), Gallimard
  3. Ruskin, John, "The Art Criticism of John Ruskin" (1969), Peter Smith
  4. Ruskin, John, "La Bible d’Amiens, traduction de Marcel Proust, présentation d'Yves-Michel Ergal" (2007), Bartillat
  5. Ruskin, John, "Modern Painters, 5 vols. The Works of John Ruskin, vols. 1-5" (1903), Library Edition
  6. Ruskin, John, "Sésame et les lys, traduction de Marcel Proust, présentation d'Antoine Compagnon" (1987), Éditions complexe
  7. Ruskin, John, "The Stones of Venice, 3 vols", The Works of John Ruskin, 9(11)
  8. Autret, Jean, "L’Influence de Ruskin sur la vie, les idées et l’oeuvre de Marcel Proust" (1955), Droz
  9. Bisson, L. A, "Proust and Ruskin: Reconsidered in the light of Lettres à une amie", Modern Language Review, 39, pp.28~37 (1944)
  10. Brix, Michel, "Proust et Ruskin: de La Bible d’Amiens à la Recherche", Marcel Proust Aujourd’hui, 3, pp.81~100 (2005)
  11. Feuillerat, Albert, "Le Peintre Elstir, In Comment Marcel Proust a composé son roman", pp.54~65 (1973), AMS Press
  12. Frye, Robert D., "The Role of Medieval Art and Allegory in the Genesis of Proust’s A la recherche du temps perdu", Symposium, 39, pp.250~267 (1985)
  13. Gamble, Cynthia, "Zipporah: a Ruskinian enigma appropriated by Marcel Proust", Word and Image, 15, pp.381~394 (1999)
  14. Hassine, Juliette, "La charité de Giotto ou l'allégorie de l'écriture dans l'oeuvre de Proust", Bulletin d'informations proustiennes, 26, pp.23~43 (1995)
  15. Lemaître, Henri., "Proust et Ruskin: essai", Pyrénées; cahiers de la pensée française, 16, pp.311~397 (1944), Toulouse
  16. Maurois, André, "Proust et Ruskin", Essays and studies by members of the English Associations, 17, pp.25~32 (1932)
  17. Riva, Raymond T, "A Probable Model for Proust’s Elstir", Modern Laguage Notes, 78(3), pp.307~313 (1963)

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