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끌로드 쥐트라의 Mon oncle Antoine를 통해서 살펴 본 퀘벡의 정체성과 영상언어의 상관관계

La relation entre le langage filmique et l’identité québécoise à travers le film de Claude Jutra Mon oncle Antoine

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Cet artcile est constitué principalement de deux axes majeurs. Le premier consiste à analyser, dans le film de Claude Jutra Mon oncle Antoine (1971), la valeur de l’adaptation des techniques du cinéma direct des années 50 (comme la caméra sur l’épaule ou le travelling optique brutal), spécifiques du film documentaire, au film de fiction. Le deuxième axe se situe dans une perspective socio-cinématographique afin d’évaluer la valeur de ces techniques en lien avec la volonté de montrer la réalité et de définir l’identité québécoise, qui sont les thèmes majeurs de ce film. Après la 《 Révolution tranquille 》 à la fin des années 50, l’identitéquébécoise a été remise en question par les jeunes québéqois. Claude Jutra, en prenant une position radicale, propose à travers ce film une rupture totale avec la génération précédente. La première partie, en guise d’introduction, est consacrée brièvement à la valeur culturelle et cinématographique de Mon oncle Antoine. Ce film est considéré comme le meilleur film québécois et aussi celui qui a hissé le film non seulement québécois mais aussi canadien au niveau mondial. Par ailleurs, ce film est le résultat d’une réflexion sur le rapport entre le cinéma et la réalité-vérité. Cela justifie la valeur cinématographique dans la perspective de la création. La deuxième partie concerne le cinéma direct. Après avoir relevéquelques éléments principaux du cinéma direct (par exemple la séquence dans laquelle les villageois se réunissent avant Noël devant le magasin général qui montre explicitement la technique de la caméra à l’épaule, ou la structure constituve du film qui limite le temps diégétique à moins de 48 heures pour donner plus du sens de la réalité), on a montré le renversement dans la relation traditionnelle entre le sujet et l’objet. Si on peut dire qu’auparavant le metteur en scène est considéré comme le sujet par rapport à l’objet-filmé, àl’arrivée du cinéma direct, l’objet-filmé devient véritable sujet du film. C’est un paradoxe que l’on peut relever dans le cinéma direct car la caméra à l’épaule, au lieu de donner plus de liberté au caméraman,minimise la volonté du metteur en scène. La caméra doit suivre les aléas de l’objet-filmé. Ainsi la relation entre sujet et l’objet, de chaque côté de la caméra, est transformée. Dans la troisième partie, nous abordons la relation entre le cinéma et la réalité. On a recourt essentiellement au concept du mythe du cinéma total d’André Bazin qui estime que le cinéma est un rêve artistique de l’humanité cherchant à restituer parfaitement la réalité. Dans cette perspective, le choix de Jutra d’appliquer les techniques du cinéma documentaire au cinéma de fiction peut se peut se comprendre comme une tentative de mieux restituer la réalité québécoise. Ainsi la fiction est au service de la vérité alors même qu’elle n’existe pas en tant que telle. L’analyse de la narration en association avec les images constitue la quatrième partie. Nous abordons principalement l’expression de la révolte contre la communauté anglophone, la relation entre le dominant (l’anglophone de Québéc) et le dominé (le francophone québécois), la structure narrative organisée comme un rite initiatique du jeune protagoniste (Benoît), et analysons enfin le propos explicite de Jutra qui demande une rupture totale avec la génération précédente. Ainsi à nos yeux, ce film de Claude Jutra doit être apprécié dans la mesure où le langage filmique s’associe parfaitement à la narration. Ce réalisateur québécois utilise efficacement les éléments du cinéma documentaire et du cinéma fictif. Ce film est une réussite dans ce sens-là parce que les deux éléments fusionnés opèrent organiquement pour montrer non seulement l’apparence de la réalité québécoise mais aussi la vérité sous-jacente à la réalité québécoise.

Abstract

Cet artcile est constitué principalement de deux axes majeurs. Le premier consiste à analyser, dans le film de Claude Jutra Mon oncle Antoine (1971), la valeur de l’adaptation des techniques du cinéma direct des années 50 (comme la caméra sur l’épaule ou le travelling optique brutal), spécifiques du film documentaire, au film de fiction. Le deuxième axe se situe dans une perspective socio-cinématographique afin d’évaluer la valeur de ces techniques en lien avec la volonté de montrer la réalité et de définir l’identité québécoise, qui sont les thèmes majeurs de ce film. Après la 《 Révolution tranquille 》 à la fin des années 50, l’identitéquébécoise a été remise en question par les jeunes québéqois. Claude Jutra, en prenant une position radicale, propose à travers ce film une rupture totale avec la génération précédente. La première partie, en guise d’introduction, est consacrée brièvement à la valeur culturelle et cinématographique de Mon oncle Antoine. Ce film est considéré comme le meilleur film québécois et aussi celui qui a hissé le film non seulement québécois mais aussi canadien au niveau mondial. Par ailleurs, ce film est le résultat d’une réflexion sur le rapport entre le cinéma et la réalité-vérité. Cela justifie la valeur cinématographique dans la perspective de la création. La deuxième partie concerne le cinéma direct. Après avoir relevéquelques éléments principaux du cinéma direct (par exemple la séquence dans laquelle les villageois se réunissent avant Noël devant le magasin général qui montre explicitement la technique de la caméra à l’épaule, ou la structure constituve du film qui limite le temps diégétique à moins de 48 heures pour donner plus du sens de la réalité), on a montré le renversement dans la relation traditionnelle entre le sujet et l’objet. Si on peut dire qu’auparavant le metteur en scène est considéré comme le sujet par rapport à l’objet-filmé, àl’arrivée du cinéma direct, l’objet-filmé devient véritable sujet du film. C’est un paradoxe que l’on peut relever dans le cinéma direct car la caméra à l’épaule, au lieu de donner plus de liberté au caméraman,minimise la volonté du metteur en scène. La caméra doit suivre les aléas de l’objet-filmé. Ainsi la relation entre sujet et l’objet, de chaque côté de la caméra, est transformée. Dans la troisième partie, nous abordons la relation entre le cinéma et la réalité. On a recourt essentiellement au concept du mythe du cinéma total d’André Bazin qui estime que le cinéma est un rêve artistique de l’humanité cherchant à restituer parfaitement la réalité. Dans cette perspective, le choix de Jutra d’appliquer les techniques du cinéma documentaire au cinéma de fiction peut se peut se comprendre comme une tentative de mieux restituer la réalité québécoise. Ainsi la fiction est au service de la vérité alors même qu’elle n’existe pas en tant que telle. L’analyse de la narration en association avec les images constitue la quatrième partie. Nous abordons principalement l’expression de la révolte contre la communauté anglophone, la relation entre le dominant (l’anglophone de Québéc) et le dominé (le francophone québécois), la structure narrative organisée comme un rite initiatique du jeune protagoniste (Benoît), et analysons enfin le propos explicite de Jutra qui demande une rupture totale avec la génération précédente. Ainsi à nos yeux, ce film de Claude Jutra doit être apprécié dans la mesure où le langage filmique s’associe parfaitement à la narration. Ce réalisateur québécois utilise efficacement les éléments du cinéma documentaire et du cinéma fictif. Ce film est une réussite dans ce sens-là parce que les deux éléments fusionnés opèrent organiquement pour montrer non seulement l’apparence de la réalité québécoise mais aussi la vérité sous-jacente à la réalité québécoise.

참고문헌 (13)

  1. DELEUZE Gilles, "Cinéma 1, L'Image-Mouvement" (1983), Paris, Éditions de Minuit
  2. DELEUZE Gilles, "Cinéma 2, L'Image-Temps" (1985), Paris, Éditions de Minuit
  3. ELIADE Mircea, "La notalgie des origines" (1995), Paris, Folio
  4. FUAD Quintar, "Robert Flaherty et le documentaire poétique" (1960), Paris, Minard
  5. MARCEL Jean, "Le cinéma québécois" (1994), Québec, Boréal
  6. MARSOLAIS Gilles, "L'aventure du cinéma direct revisitée, Laval (Québec)" (1997), Les 400 coups
  7. MORIN Edgar, "Le cinéma et l'homme immaginaire" (1956), Paris, Editions de Minuit
  8. NINEY François, "L'épreuve du réel à l'écran, Essai sur le principe de réalité documentaire, Bruxelles, Editions De Boeck Université, coll, In Arts et cinéma" (2000)
  9. POIRIER Christian, "Le cinéma québécois, Tome 1, L'imaginaire filmique" (2004), Sainte-Foy (Québec)
  10. VEYRAT-MASSON Isabelle, "Télévision et histoire, la confusion des genres" (2008), Ed. INA
  11. "Littérature québecoise et cinéma" (1986), Ottawa, Université d'Ottawa
  12. 보드웰 데이비드, "Film Art : 영화예술" (1993), 이론과 실천
  13. 이지순, "‘조용한 혁명’기 퀘벡영화에 나타난 정체성 연구", 프랑스문화예술연구, 16, pp.241~256 (2006), 프랑스문화예술학회

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