『전락』혹은 연속성의 환상
La Chute ou le phantasme de la continuité
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초록
Abstract
La Chute d'Albert Camus nous paraît s'articuler autour d'une question : “une personne peut-il retrouver son innocence perdue tout en acceptant sa culpabilité qui s'aggrave?” Clamence, personnage principal et narrateur du texte, commence par parler de sa vie harmonieuse pour révéler à la fin de son récit le mécanisme de sa confession en passant par les crises qu'il a traversées au cours de sa vie : il fait une série d'aveux effrontés au moyen desquels il se définit comme Janus, et dont la vision infernale séduit l'interlocuteur. Mais le problème réside dans le fait que sa prise de conscience ne l'empêche pas d'être fidèle à sa mauvaise foi. Pourrait-il réussir à rendre son interlocuteur complice? Cette question nous amène à réfléchir sur sa volonté de chute en enfer ; elle interroge également l'efficacité de sa confession labyrinthique. La prise de conscience de sa culpabilité le fait souffrir du vide béant entre le moi illusoire et le moi réel. Pour le masquer, il essaie de créer une "continuité illusoire", en recourant aux méticuleux "glissements" entre mensonge et vérité ou entre juge et pénitent, etc. Mais il faut distinguer deux aspects de glissements : avant la crise, le glissement était le signe de la vie heureuse ; après, il ne permet que des rapports d'apparence. C'est autour de ce deuxième aspect que Clamence veut assurer une continuité entre deux termes contradictoires, car son but était de ne plus ressentir la culpabilité coûte que coûte. Mais puisqu'il lui était impossible d'échapper à la culpabilité, il décide de rester 'le même' plutôt que d'être un autre. C'est pourquoi il veut être un homme de surface qui essaie de construire, en s'appuyant sur son seul Moi, le paradis 'infernal' de la parole. La conséquence est digne d'être soulignée : Clamence passe de la mauvaise foi inconsciente à la mauvaise foi consciente. Plus il avoue la vérité fictionnelle, plus il tombe à l'adulation consciente de soi-même. Sa confession ne révèle que son extrême égocentrisme, son nihilisme moral. Ainsi se construit le portrait noir de 'l'homme moderne' de mauvaise foi.
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