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De l’ancienne rhétorique à la pratique du poème en prose ; la poétique de Paul Valéry

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Le but de cette étude est d’examiner les définitions de la poésie, du vers, de la prose et du poème en prose dans la Poétique de Paul Valéry. À la lumière de « l’épistémologie » du poème en prose, Valéry identifie la source de toutes sortes de malentendus dans le triptyque de poésie - vers - prose. La poétique de Valéry fait une passerelle entre la rhétorique classique et la néo-rhétorique en introduisant d’abord le concept de « figure »(Genette) ou d’« écart »(Riffaterre) en sémiotique. Au centre de l’origine de la sacralisation de la poésie par rapport à la prose ou au « langage ordinaire » et de l’hétérogénéité du langage se trouve le cogito de Valéry qui hérite de la rhétorique classique et renforce la grille des dichotomies : « tout ce qui n’est pas prose est vers. » La poétique de Valéry qui justifie le formalisme du langage définit la poésie comme étant métaphore - harmonie - sensation - rythme - règle - forme - pureté et la prose comme étant communication - raison - brut - ordinaire - grossierté - contenu de l’autre côté, par la simple séparation de la « forme » et du « fond ». L’univers poétique de Valéry, qui consiste à éviter constamment de revenir à la prose par la continuité de la densité et du rythme par les nombres et les images, les motifs et l’harmonie, fait de la « forme » la priorité de tout discours. Valéry affirme que le poème en prose, qui « insère de la poésie dans la prose », aboutit à transgresser la nature de l’art. Ce jugement de valeur envers le poème en prose rejoint la « fonction poétique » de Jakobson, qui assimile le concept de rythme à celui de mètre, et atteint l’aboutissement parfait du dualisme. Si la définition de « rythme=rime » a abouti à identifier la poésie au vers chez Jacobson, et à briser la frontière entre le vers et la poésie chez Valéry, le rythme n’existe alors que dans la poésie. Le dualisme de Valéry fondé sur la confrontation entre poésie et prose, tout en réduisant la poésie à la « règle », déplace la question de la poésie et de la littérature vers l‘herméneutique phénoménologique. S‘il est possible que la prose rejoigne le domaine esthétique du « vers », la « prose » pourrait également devenir un matériau pour la poésie. L’essence de la poésie réside dans la réalisation symétrique du « nombre » et de la « mesure », et ici, Valéry assiste à la réalisation de la poésie pure à travers la « purification » du vers. C‘est à partir de ce point de vue que Valéry tente de définir le poème en prose. Selon lui, Les Fleurs du Mal produit « un langage dans le langage », renforcé par des «nombres merveilleux» à l’état « pur », et qui ne contient rien quant à la description historique, politique ou narrative. Le « prosaïsme » observé dans ses poèmes en prose, ainsi que dans ses poésies en vers se trouve ainsi dénié. Valéry a découvert chez Mallarmé la plus forte intention de tenir « le langage de la poésie toujours fortement, et presque absolument, distinct du langage de la prose ». Il dit que parce que la poésie est totalisée par cette tension opposée à la médiocrité, elle ne peut être une « prose intellectuelle - grossière - profane ». Cependant, Mallarmé a réfléchi à une extension de la poésie, du vers et de la prose, vers une « prose » unique qui supprime toute frontière artificielle entre poésie et prose. Il reconnaît la poétique du « noeud rythmique » et de la « subdivision prismatique de l‘Idée », et, c‘est ce qui est en contradiction avec la vision de Valéry qui affirme que la poésie n’est pas réductible à la prose en supposant qu’elles sont hétérogènes. L’effet de Valéry sur la théorisation de la poésie en prose est omniprésent. La tendance de la critique est influencée par la pensée fondamentale de Valéry selon laquelle le poème en prose « a introduit la poésie dans la prose pour pouvoir rivaliser avec le poème en vers ». Cependant, le problème n’est pas de savoir s’il existe un « passage spécial » pour élever la « poésie » en prose au rang de « poétique », mais plutôt de déterminer sa fonction dans le discours dans son ensemble. Dans ses dernières années, Valéry s’est beaucoup entraînée à écrire pour découvrir le « poème en prose » dans ses Cahiers, et on peut dire qu’il a vu de futures possibilités poétiques dans le poème en prose.

Abstract

Le but de cette étude est d’examiner les définitions de la poésie, du vers, de la prose et du poème en prose dans la Poétique de Paul Valéry. À la lumière de « l’épistémologie » du poème en prose, Valéry identifie la source de toutes sortes de malentendus dans le triptyque de poésie - vers - prose. La poétique de Valéry fait une passerelle entre la rhétorique classique et la néo-rhétorique en introduisant d’abord le concept de « figure »(Genette) ou d’« écart »(Riffaterre) en sémiotique. Au centre de l’origine de la sacralisation de la poésie par rapport à la prose ou au « langage ordinaire » et de l’hétérogénéité du langage se trouve le cogito de Valéry qui hérite de la rhétorique classique et renforce la grille des dichotomies : « tout ce qui n’est pas prose est vers. » La poétique de Valéry qui justifie le formalisme du langage définit la poésie comme étant métaphore - harmonie - sensation - rythme - règle - forme - pureté et la prose comme étant communication - raison - brut - ordinaire - grossierté - contenu de l’autre côté, par la simple séparation de la « forme » et du « fond ». L’univers poétique de Valéry, qui consiste à éviter constamment de revenir à la prose par la continuité de la densité et du rythme par les nombres et les images, les motifs et l’harmonie, fait de la « forme » la priorité de tout discours. Valéry affirme que le poème en prose, qui « insère de la poésie dans la prose », aboutit à transgresser la nature de l’art. Ce jugement de valeur envers le poème en prose rejoint la « fonction poétique » de Jakobson, qui assimile le concept de rythme à celui de mètre, et atteint l’aboutissement parfait du dualisme. Si la définition de « rythme=rime » a abouti à identifier la poésie au vers chez Jacobson, et à briser la frontière entre le vers et la poésie chez Valéry, le rythme n’existe alors que dans la poésie. Le dualisme de Valéry fondé sur la confrontation entre poésie et prose, tout en réduisant la poésie à la « règle », déplace la question de la poésie et de la littérature vers l‘herméneutique phénoménologique. S‘il est possible que la prose rejoigne le domaine esthétique du « vers », la « prose » pourrait également devenir un matériau pour la poésie. L’essence de la poésie réside dans la réalisation symétrique du « nombre » et de la « mesure », et ici, Valéry assiste à la réalisation de la poésie pure à travers la « purification » du vers. C‘est à partir de ce point de vue que Valéry tente de définir le poème en prose. Selon lui, Les Fleurs du Mal produit « un langage dans le langage », renforcé par des «nombres merveilleux» à l’état « pur », et qui ne contient rien quant à la description historique, politique ou narrative. Le « prosaïsme » observé dans ses poèmes en prose, ainsi que dans ses poésies en vers se trouve ainsi dénié. Valéry a découvert chez Mallarmé la plus forte intention de tenir « le langage de la poésie toujours fortement, et presque absolument, distinct du langage de la prose ». Il dit que parce que la poésie est totalisée par cette tension opposée à la médiocrité, elle ne peut être une « prose intellectuelle - grossière - profane ». Cependant, Mallarmé a réfléchi à une extension de la poésie, du vers et de la prose, vers une « prose » unique qui supprime toute frontière artificielle entre poésie et prose. Il reconnaît la poétique du « noeud rythmique » et de la « subdivision prismatique de l‘Idée », et, c‘est ce qui est en contradiction avec la vision de Valéry qui affirme que la poésie n’est pas réductible à la prose en supposant qu’elles sont hétérogènes. L’effet de Valéry sur la théorisation de la poésie en prose est omniprésent. La tendance de la critique est influencée par la pensée fondamentale de Valéry selon laquelle le poème en prose « a introduit la poésie dans la prose pour pouvoir rivaliser avec le poème en vers ». Cependant, le problème n’est pas de savoir s’il existe un « passage spécial » pour élever la « poésie » en prose au rang de « poétique », mais plutôt de déterminer sa fonction dans le discours dans son ensemble. Dans ses dernières années, Valéry s’est beaucoup entraînée à écrire pour découvrir le « poème en prose » dans ses Cahiers, et on peut dire qu’il a vu de futures possibilités poétiques dans le poème en prose.

참고문헌 (28)

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  23. Vaugelas, Cl., "François de. « Prose », « Vers », Remarques sur la langue françoise, utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire", La Vve J. Camusat et P. Le Petit
  24. Vadé, Yves, "Le poème en prose" (1996), Belin
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  26. Valéry, Paul, "Ego scriptor et Petits poèmes abstraits (Présentation de Judith Robinson-Valéry)", pp.1992, Poésie
  27. Valéry, Paul, "Cahiers (Édition de la « Bibliothèque de la Pléiade »), vol. 1", ~
  28. Vincent-Munnia, Nathalie, "Premiers poèmes en prose : le spleen de la poésie", Littérature, (91) (1993)

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