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만 레이와 폴 엘뤼아르의 『자유로운 손』에 나타난 이미지와 텍스트의 상호교류

L’échange iconotextuel dans Les mains libres de Man Ray et de Paul Eluard

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Dans Les mains libres, Eluard précise qu’il est illustrateur des dessins de Man Ray. Les deux surréalistes ont travaillé en commun à cette œuvre, sur les thèmes des “mains”, de la “femme” et de la “liberté.” En comparant les dessins et les poèmes, nous pouvons dégager leurs divergences. Alors que le peintre focalise sur certains détails des objets, à la manière du gros plan photographique, le poète les situe dans un contexte plus large afin d’en faire voir d’autres facettes. Tandis que le premier rappelle “l’inquiétante étrangeté” avec ses dessins de style fin et pointu, le dernier en montre des aspects plus rassurants et agréables, tout en souligant la circularité des deux extrêmités que le peintre juxtapose. Par rapport aux objets de désir, M. Ray les objective en prenant certaines distances avec eux. En revanche, P. Eluard module les distances entre sujet et objet, tout en s’adressant parfois directement à la femme du dessin, ou en détournant les yeux d’un objet pour s’attarder sur un autre qui n’a rien à voir avec lui. Man Ray cache dans ses dessins certains mots et certaines phrases, sous la forme de gribouillages. Ainsi, il rend ses dessins à la fois visibles et lisibles tout en rappelant l’autre réel caché dans le réel. Pour sa part, Eluard donne à voir par des poèmes extrêment courts, dont la forme rappelle le haïku ou l’aphorisme, des poèmes constitués par la seule énumération des verbes à l’infinitif ou de syntagmes nominaux. Le peintre et le poète s’unissent pour rester libres. En tant qu’illustrations écrites, certains mots et certaines phrases d’Eluard dérivent de quelques images plastiques de Man Ray, mais c’est tout ce qu’ils leur doivent. Les poèmes déploient ensuite leur propre imagination, libre des sources initiales, ce qui permet aux lecteurs de poursuivre l’exploration polysémique sur les mêmes sujets.

Abstract

Dans Les mains libres, Eluard précise qu’il est illustrateur des dessins de Man Ray. Les deux surréalistes ont travaillé en commun à cette œuvre, sur les thèmes des “mains”, de la “femme” et de la “liberté.” En comparant les dessins et les poèmes, nous pouvons dégager leurs divergences. Alors que le peintre focalise sur certains détails des objets, à la manière du gros plan photographique, le poète les situe dans un contexte plus large afin d’en faire voir d’autres facettes. Tandis que le premier rappelle “l’inquiétante étrangeté” avec ses dessins de style fin et pointu, le dernier en montre des aspects plus rassurants et agréables, tout en souligant la circularité des deux extrêmités que le peintre juxtapose. Par rapport aux objets de désir, M. Ray les objective en prenant certaines distances avec eux. En revanche, P. Eluard module les distances entre sujet et objet, tout en s’adressant parfois directement à la femme du dessin, ou en détournant les yeux d’un objet pour s’attarder sur un autre qui n’a rien à voir avec lui. Man Ray cache dans ses dessins certains mots et certaines phrases, sous la forme de gribouillages. Ainsi, il rend ses dessins à la fois visibles et lisibles tout en rappelant l’autre réel caché dans le réel. Pour sa part, Eluard donne à voir par des poèmes extrêment courts, dont la forme rappelle le haïku ou l’aphorisme, des poèmes constitués par la seule énumération des verbes à l’infinitif ou de syntagmes nominaux. Le peintre et le poète s’unissent pour rester libres. En tant qu’illustrations écrites, certains mots et certaines phrases d’Eluard dérivent de quelques images plastiques de Man Ray, mais c’est tout ce qu’ils leur doivent. Les poèmes déploient ensuite leur propre imagination, libre des sources initiales, ce qui permet aux lecteurs de poursuivre l’exploration polysémique sur les mêmes sujets.

참고문헌 (16)

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